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Rêveuse perdue dans le temps

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May 31

La grotte des Faux-monnayeurs à Mouthier-Haute-Pierre

Accès Depuis Pontarlier, prendre la RN57en direction de Besançon. Aux alentours de "la Main", prendre la D67 en direction de Mouthier Haute-Pierre. Quelques mètres après le petit tunnel, un parking sur la droite. De l'autre coté de la chaussée démarre le sentier balisé menant vers la grotte des faux monnayeurs.

 

                                                                  Candice parait minuscule, là, au milieu de ces roches monumentales !

 

Nous descendons par un petit sentier balisé et nous engouffrons dans les abysses d'une mer de rochers monumentals, là, ou la lumière ne pénètre qu'à peine.

La grotte des Faux-Monnayeurs à Mouthier-Haute-Pierre est un des plus importants site de l'âge du Bronze du département du Doubs par la quantité et la qualité de mobilier métallique recueilli au cours des années 1960. (Epingles, bracelets, couteaux etc.)

Des pièces datant de  l'époque romaine y ont été aussi retrouvés.

Autrefois, de la grotte sortait une résurgence qui  allait alimenter la Loue en contrebas.

Le site est maintenant classé.

Sans lampe, difficile de progresser à l'intérieur...

 

 

 

May 09

Virée au Mont d'Or

 

Quand on décide de partir à 10 h pour une virée de près de 400 km, on n'a pas le temps de se pencher sur la météo.

 

Sitôt dit, sitôt fait, sac à dos préparé, nous filons le long de la chaine du Jura longeant sur une cinquantaine de km le Léman  et, le plateau calcaire du Jura. Arrivées à Vallorbes, on quitte la Suisse pour entrer dans le pays de loups et de glace où, à Rochejean nous bifurquons en direction du Mont d'or.

Mais de lourds nuages sombres nous attendent...

Téméraires, nous nous aventurons quand même, mais ce sera pour une courte durée. Des bourrasques de vent nous enveloppent, accompagnées de pluie et de grêle ! En l'espace de quelques secondes, nous sommes aussi trempées que si nous étions passées sur la douche...

 
 
 

 
 

Mieux vaut en rire.... Le kway mouillé est oté, reste les cheveux !!!

 

 

 La pluie du matin n'arrêtant pas le pélerin, nous redescendons sur  Montbenoit, et décidons que,  coute que coute, nous trouverons son fameux cloitre !
 

En redescendant, le lac Saint Point nous fait grise mine !

 

Et quelques kilomètres plus tard, l'abbaye nous apparait comme différente : oui, son parvis  est tout neuf !

Origine de l'abbaye de Montbenoit : Vers 1150, un solitaire nommé Benoit bâtit un ermitage non loin du lieu où l'abbaye a été élevée plus tard. Il aurait donné son nom à la colline : Mont-Benoit. Plus tard des moines aidés de colons défrichèrent la contrée et érigèrent l'abbaye.

Ou est le cloitre : n'a  qu'à demander ! A droite du batiment  se trouve l'office du tourisme, et là,
la  précieuse clé qui nous ouvrira le fameux cloître... l'entrée se trouve derrière la porte du batiment centrale, fallait-il encore le savoir !
 

Et oh, stupeur le cloitre est bien là !

 Construit au 12ème siècle et modifié au 15e, les motifs des chapiteaux représentent la création du monde animal et végétal.
 

Voilà donc la vouivre... sculptée au douzième siècle....
les légendes sont tenaces... La vouivre effrayait encore les enfants au début du XXème siècle.
Celle-ci avale un être humain...
Les yeux plus gros que le ventre !!!!!
 
 
Un étroit escalier nous mène à la nef de l'église
 
 
                                    Et nous découvrons d'étranges sculptures sur les stalles en chêne, dont
         un crêpage de chignon qui suscite la curiosité !!!!
 
Bien des scupltures ont été abimées au fil du temps, n'oublions pas le passage des suédois.
 
 
Allons retrouver le repaire de la Vouivre.
Candice, passe la première, je ne suis pas rassurée par l'endroit !
 
Pour la première fois je descends dans l'antre du dragon... et irai même jusqu'au fond.... pas rassurée du tout !
J'ai beau tendre l'oreille , aucun sifflement...
La lame calcaire ne produit donc plus de sons sibilants qui avaient pour effet de faire fuir les enfants intrépides, qui avaient osé s'aventurer jusque dans ces profondeurs !
 
On l'appelle  aussi "la grotte au trésor" ! La légende raconte que lors de leur passage, les suédois y auraient entreposé le produit de leur pillage...
 
 
 
 
 
 
 
 
April 26

Et le printemps vint...

Le cerisier, est le premier à faire apparaitre ses fleurs

 

March 07

Giboulée de mars ????

La neige, encore de la neige....  

 

February 28

quelques jours à l'Ile Maurice

De l'avion, la terre africaine nous apparait

La cascade de Chamarel (100m)

 

La terre aux sept couleurs de Chamarel

Découverte de la place de Flic-en-Flac

A cap Malheureux, un petit village de pêcheur, loin de la zone touristique

En arrière plan, le Coin de Mire, et l'ile plate.

Maison coloniale au jardin de Pamplemousses

Et ses nénuphars géants

L'église de Cap Malheureux

Candice part découvrir la barrière de corail et ses poissons multicolores

Au retour, des dauphins nous accompagnent quelques instants

 Grand Baie et ses eaux turquoises

January 17

Pergaud

 
 

….un beau matin que le vent semblait s'être assoupi, traîtreusement la neige tomba, molle, douce, sans bruit, sans secousse, avec la persistance tranquille du bon ouvrier que rien ne rebute, que rien ne hâte et qui sait bien qu'il a le temps.

Elle tomba deux jours et deux nuits sans discontinuer, nivelant les hauteurs, comblant les vallons, aplanissant tout sous son enveloppe friable que rien ne soulevait. Et pendant tout le temps qu’elle tomba toutes les bêtes des bois et tous les oiseaux sédentaires ne bougèrent point du refuge soigneusement choisi qu’ils avaient élu.

 

Louis Pergaud - Extrait de Goupil à Margot

 

 
 

 

 

 

 

 

Louis Pergaud,

                                auteur de "la guerre des boutons" et d'un recueil de poèmes et nouvelles :   de Goupil à Margot.

 
 
 
 

January 02

La technique de la serviette en papier

Décorer une boite en carton, avec la technique dit "à la serviette"

 

L'année 2008  terminée, nous voilà en train de faire du ménage dans la paperasse. Si les classeurs sont parfaits pour mettre les factures, qu'en est-il de notre courrier personnel et des cartes postales reçus dans l'année ? Pourquoi ne pas créer une boite personnalisée, que nous aurons plaisir à ressortir au fil du temps....La technique de la serviette donne un très bon résultat. Rapide, compter une à trois heures, tout dépend de la grandeur et du travail du support. Economique, nécessite que l'achat de serviettes (vendues à l'unité),  pratique,  une veille boite en carton, en bois, voire même en fer fera l'affaire, ne  vous faudra que de la colle à serviette et de la peinture acrylique.

Peindre le support en blanc, cela fera ressortir les couleurs de la serviette.

 

Découper dans une serviette les motifs à coller

 

Séparer les trois couches de papier, pour ne garder que celle imprimée.

 

Déposer la colle sur la serviette, et à l'aide d'un pinceau plat, l'étendre en partant toujours du centre.

Difficile de passer le pinceau et de prendre la photo

Deux serviettes ont été nécessaire pour faire la boite.

Dans une assiette, je mets un peu de peinture acrylique marron et blanche, pour  donner un effet vieilli. Je commence par mettre du blanc sur les côtés de la pièce à peindre, et avant que celui-ci ne soit sec, j'ajoute du marron.. et lie les deux peintures, tout en accentuant un dégradé plus foncé à l'extérieur.

On peut terminer la boite en la protégeant d'un vernis mat incolore..

 

 

December 07

Noel dans les années 1960

 

 

 

 

….C’est samedi, et je rentre de l’école. La griffe de fer sous mes après-ski, crisse dans la glace du chemin, m’évitant de m’étaler sur un sol gelé. Une neige compacte et légèrement transparente recouvre la route, et les alentours… Il gèle à pierre fendre.

Les joues écarlates, les lèvres gercées, j’enfonce jusqu’aux sourcils le bonnet à pompon tricoté par maman, ne laissant au vent que les quelques centimètres carrés de peau allant jusqu’à ma grosse écharpe.

 

Enfin, les vacances de Noël ! Je revois en pensées la dernière heure passée, bien au chaud dans notre classe… le sapin dressé tout à côté de moi, joliment décoré, et puis cette bonne odeur de cire de nos bureaux fraîchement astiqués.

Maintenant, à nous les glissades en luge, ou en bob sans limitation de temps, à nous les constructions bizarroïdes en neige, que l’on prendra soin d’asperger d’eau pour les rendre invincibles. L’une d’elle, une tour, avait battu le record de longévité. La dernière masse neigeuse du quartier encore debout fin avril…Faut dire que le « glaçon » était conséquent !!!!

 

Arrivée à la maison, je trouvai mon père devant tout un attirail de carton, pinceaux, peintures, et colle… Etonnée, je lui demandai ce qu’il faisait :

« Une crèche ! » me répondit-il, les yeux rivés sur l’objet, la langue en coin, concentré sur les effets de peinture qu’il créait. Peu à peu, la maisonnette se recouvrait d’un mélange de gris, de blanc et mauve, de bonne épaisseur, reproduisant la neige…

 

 

 

Le soir, les trois principaux personnages, Marie, Joseph, et le Petit Jésus, prenaient place sur un lit de paille au fond de la maisonnette. Que nous étions fiers de cette création !

Sans cesse, mon frère et moi, modifiions à notre guise, la place de l’une des figurines, ravis de les voir si bien installés au fond de leur abri.

Bien des années plus tard, un âne et un bœuf réchauffèrent le petit Jésus. Il nous fallut encore être patients pour voir apparaître enfin l’ange Gabriel et les rois mages qui finirent de compléter la scène de la nativité.

 

L’avant-veille de Noël, notre père arrivait toujours avec un magnifique sapin, touffu à souhait, d’une hauteur honorable. Maman, elle, s’empressait d’aller chercher la boite en carton, d’où s’échappait quelques guirlandes, et nous nous extasiions devant chaque petit trésor, boules et sujets scintillants, qui se découvraient au fur et à mesure que le papier de soie qui les protégeait était enlevé.

 

 

 

Le soir venu, une à une, les bougies accrochées au sapin étaient allumées, puis l’unique ampoule de la pièce s’éteignait, et nous découvrions avec une grande émotion le sapin scintiller de mille couleurs. Avec tendresse, maman nous prenait alors la main, et nous entonnions dans la joie   un : « Mon beau sapin », suivi de « Petit Papa Noël »….

Puis une à une, les bougies étaient éteintes et une délicieuse odeur se répandait dans la pièce qui, mélangée à celle du sapin… donnait la fragrance de Noël…

 

Le 24 au soir, nos souliers et ceux de nos parents étaient déposés devant le fourneau, à côté du conduit de cheminée, puisque c’était par là que le Père Noël passait… Nous étions étonnés, mon frère et moi, de l’étroitesse du passage, mais maman nous certifiait que l’homme à la barbe blanche avait le pouvoir de se faire tout petit…

Ainsi, nous étions confiants quant à ses capacités de rapetisser et de s’enfiler dans l’étroit conduit.

 Un doute persistait toujours en nous : avions nous été assez sages pour espérer découvrir quelques cadeaux ? Mais, c’était surtout l’impatience du lendemain qui prévalait à ce doute… Après la prière du soir, qu’il était difficile d’arriver à s’endormir !

 

 

 

Notre sommeil était agité, et bien souvent mon frère et moi étions réveillés au milieu de la nuit. Ne sachant pas l’heure, nous nous aventurions dans le couloir sombre à la découverte des présents… et quand nos yeux les apercevaient, nous hurlions notre bonheur, en allant réveiller nos parents… « Papa, Maman, le Père Noël est passé ! Venez vite ! » . Fallait bien qu’ils puissent voir la magie du couloir… mais nous étions reçus par quelques grognements, nous enjoignant de retourner au lit sans plus attendre… .

 

Dépités, mais euphoriques, nous retrouvions notre lit, et finissions par nous endormir, la tête remplie de merveilleux rêves.

 

A l’aube, avant tout chose, l’autorisation était demandée…Parfois, trop tôt encore, et de guerre lasse,  les parents nous laissaient faire, à la seule condition qu’on les laissât dormir. (Ce qui nous était impossible… deux minutes après, nous leur présentions, à grands cris les présents reçus)

 

 

Parmi les cadeaux, je me souviens d’un landau de couleur orange, d’un biberon magique, de draps amoureusement brodés par maman, qui serviront plus tard de toile de tente, (Ma pauvre petite maman, comme elle a dû être déçue par sa petite fille !) et puis surtout d’une luge, avec laquelle, mon frère et moi, fîmes des chutes mémorables.

 

 

 

 

 

(Pour comprendre à quel point notre joie était immense, il faut savoir que nous ne recevions aucun jouet dans l’année, le Père-Noël restait un être fantastique, dont nous n’avions aucune représentation. La seule était celle d’un dessin monochrome, sur le carton d’un écheveau de fil.)

 

 

 

 

 

 

November 22

Le seau à charbon

 

                                                        En cette première journée froide et enneigée , installée  confortablement bien au chaud, je repense à certains moments de mon enfance, quand il me fallait aller chercher le charbon à la cave...

 

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.....nous habitions  un petit immeuble de trois étages, que nous appelions "le bloc".... le seul et l'unique de tout le Mondey. Cette construction financée par l'entreprise d'horlogerie où mon père travaillait, ne possédait pas d'isolation..., encore moins de double vitrage...

Je me souviens de ces jours de grand froid ou de bise,  quand papa mettait une couverture sur le mur nord de la cuisine où la condensation suintait, pensant peut-être gagner quelques degrés.

 

 

....  Mais malgré tous ses efforts, la température n’arrivait jamais à monter., Alors, nous nous serrions tous les quatre, dans l'étroit couloir, près du fourneau à charbon, qui nous prodiguait sa douce chaleur... 

 Dehors, les  températures avoisinaient les moins 2O°. Le record fut un - 35° un hiver.... 

(à Mouthe, faisait - 40°)

 

 

Le fourneau, chauffant au charbon, je devais quotidiennement (étant l’aînée) me rendre à la cave faire le plein du seau.(j'avais six, sept ans) C’était long et fastidieux. L'endroit, sombre, lugubre et glaciale,  recevait à peine un rayon de lumière par l'unique ampoule du couloir. J'étais terrifiée, à l'écoute du moindre bruit, tremblante de peur et de froid.

Il m'en fallait du temps pour remplir le seau ! Je n'avais pas la bonne technique, enfonçant ma pelle au milieu du tas, et non, à sa base....

Une fois rempli, il me fallait encore grimper les deux étages jusqu’à l’appartement... Combien  c'était lourd !

Il m'arrivait parfois, de ne pas le remplir complètement,  écourtant ainsi ma peur et ma peine, mais au retour, je recevais immanquablement les remontrances pour cette négligeance...

 

                                           

                                                                              images

 

                                                             *****************************

Une ou deux fois l’an, les charbonniers (le marchand de charbon) venaient nous livrer. Noirs de la tête au pied, ils déchargeaient du camion des sacs de 50 kg sur leur dos, et allaient courbés jusqu’à l’emplacement prévu, faire basculer leur charge par-dessus leur épaule.

Nous les regardions faire, mon frère et moi, admiratifs pour leur force, et effrayés par leur visage aux yeux inquiétants......                                                                                   

 

                                                                              metiers_charbo_03w

                                                                                       

 

November 14

la légende de Damvauthier

La légende de Damvauthier

 

Au fond du lac, la citée engloutie,

 

 

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Ce lac, fut longtemps considéré comme un lieu de mystère. Des pêcheurs racontaient que leurs filets s'étaient accrochés aux croix des clochers de la ville engloutie ; d'autres affirmaient avoir vu, le soir, des ombres étranges et de blancs fantômes errer sur les eaux.
Et surtout, dans la nuit qui suivait la Toussaint, on pouvait entendre nettement, montant du fond du lac, pour rappeler aux hommes le châtiment du ciel, le glas sonné par les cloches de la cité maudite...

 

 

 

 

 

Il y a bien longtemps, au fond d’une vallée, en bordure du Doubs, s’étalait une belle cité située dans un écrin de prairies et d’épicéas qu’on nommait Damvauthier.

La ville entière était connue pour ses richesses et son opulence. Les terres étaient bien fertiles, les cultures produisaient en abondance et le Doubs fournissaient nombre de poissons de belles tailles, enfin tout réussissait à ses habitants. Mais cette richesse leur avait rendu le cœur dur et froid. Plus rien ne pouvait les émouvoir… On disait même qu’ils vivaient  dans la débauche la plus complète, menant une vie dissolue, faite de plaisir et  de paresse, d’orgies et de violence extrême.

 

Un vieux moine, tentait de remettre de l’ordre parmi ces âmes perdues, mais le mal était déjà bien enraciné, et il eut beau faire et beau dire, rien n’y fit, et l’on finit par le chasser hors du village. Il alla se réfugier dans une petite cavité sur les hauteurs, revenant régulièrement au village, infatigable et entêté, reprenant son prêche.

 

C’est par une journée froide et glacée, que les habitants virent s’approcher au loin, une femme tenant un enfant dans ses bras. Epuisée et transie de froid, elle marchait dans la neige, le dos courbé, protégeant son petit des rafales cinglantes du vent . Arrivée à la place du village, elle s’enquit auprès des quelques personnes se trouvant là, celui qui pourrait l’héberger le temps d’une nuit, et lui fournir à elle et son enfant un peu de nourriture ; en effet se rendant à quelques lieux plus loin, le mauvais temps l’avait surprise et la nuit commençant à tomber la faisait redouter au pire.

 

Mais aucune des personnes ne prit la peine de lui répondre…elle ne trouva qu’indifférence. L’une d’elles commença à se moquer de ses haillons, puis une autre à l’invectiver avant de lui lancer des morceaux de glace pour la faire fuir. Les évitant, elle continua sa quête, toquant de porte en porte, implorant suppliant pour la survie de son enfant.

Elle ne trouva   qu’hostilité, raillerie, et méchanceté.

 

Epuisé, à bout de force, elle s’agenouilla au pied d’une statue de la Vierge, et l’a supplia de sauver au moins son enfant.

A cet instant, une ombre s’approcha  d’elle. Effrayée, elle leva la tête et vit un vieux moine qui la dévisageait d’un regard bienveillant. Il lui prit la main et lui dit : Viens !

 

Il les emmena en retrait de la ville, sur les hauteurs, là, où lui-même s’était réfugié il y avait bien longtemps, hors de l’agressivité des habitants. Il leur offrit de partager son maigre repas, une soupe et du pain… Plus tard, il leur aménagea une couche dans un coin de sa modeste demeure, où elle et son enfant, réchauffés et rassasiés pouvaient  enfin se reposer.

 

Dans la nuit, aucun d’entre eux n’entendit ce qui se passait plus bas. Un terrible désastre, provoqué par un glissement de terrain avait fermé la rivière en amont. Le barrage céda quelques heures plus tard, provoquant une vague gigantesque qui dévasta tout sur son passage. Ce fut si rapide, qu’il n’y eu aucun survivant. Les débris accumulés fermèrent partiellement la rivière  en aval, créant ainsi un lac  de toute beauté  en opposition avec l’effroyable cataclysme qui venait de se dérouler.

 

 

C’est son enfant, affamé qui la réveilla au petit matin alors que les premiers rayons du soleil hivernal illuminaient l’intérieur de l’abri. La jeune femme chercha des yeux le vieux moine, mais celui-ci avait disparut. Elle découvrit en place et lieu de la cité de Damvauthier un longue étendue d’eau et compris l’effroyable  catastrophe.

 

D’aucuns diront que, n’ayant pas eu pitié d’une femme et de son enfant, les gens de Damvauthier avaient tous péris, emportant avec eux la terrible dureté de leur cœur…..

 

Bien des années plus tard, un village se forma en bordure du lac qu’on appela Saint Point en souvenir d’un vieil homme, le moine Saint Ponce (Saint Point).

 

DSC01011 [Résolution de l'écran]

 

 

 

 

 

November 11

EN CE 11 NOVEMBRE, POUR NE PAS OUBLIER

Le Grieux (14/18)

 

 

1914 René Bichet 1er époux d'Aline Dornier

 

René Bichet, à droite sur la photo

 

Les sifflements deviennent stridents et les obus éclatent de plus en plus près. Mais que fait-il là, lui, si loin des siens ? Si loin de sa terre natale, de son village de Montgesoye, ce havre de paix situé au bord de la Loue ?

 

A chaque explosion il sursaute… Les déflagrations se rapprochent… Il a peur… Son sang se glace, son cœur s’accélère, l'air lui manque…

 

Peu à peu, l’enfer s’éloigne de la tranchée, là, où lui et ses compagnons sont terrés.

 

Obéir et subir… Subir les tirs sans broncher, aller à l’assaut telle une machine, sans réfléchir ni penser… et, perdre ses camarades, un à un, jour après jour.

 

Accepter l’inacceptable…

 

Enfin un moment de répit, qu’il ne va pas perdre en lamentation.

 

Il pense à sa jeune épouse, là-bas, si loin… C’est qu’ils n’auront pas été bien longtemps ensemble depuis leur mariage.

 

De sa poche intérieure, il en sort une photo, celle de l’Aline, sa petite femme. Elle est belle, son Aline. Il la revoit aux dernières fenaisons, les cheveux défaits, son regard s’attardant sur lui, son sourire, sa fraîcheur… Elle, si timide, si humble… Il fait si bon au bord de la Loue.

 

Ses yeux s’embuent…

 

« Regardez-moi ce grieux ! » se moque gentiment l’un de ses compagnons, tentant vainement de le dérider.

 

En effet, il a la grie, cette maladie typiquement franc-comtoise, qu’on appelle en français le mal du pays. Il a ce désir incommensurable de retrouver sa contrée, son bon air, la douceur du terroir, les belles couleurs, le calme, oui surtout le calme, loin de ce cauchemar !

 

Dans son abri d’un mètre de profondeur, il s’approche de la braise qui se consume lentement. Ses brodequins sont trempés, il a de la boue jusqu’aux genoux. Il est épuisé et a froid.

Il pense à ses parents. Ce soir, il leur écrira. 

 

Bien sûr, il ne leur dira pas l’horreur qu’il côtoie, le froid, la faim, la crasse, la vermine, ni moins encore la vie des tranchées, cette boucherie, la souffrance des blessés, les cadavres morcelés… l'enfer. Cet enfer.

 

Non, il leur écrira seulement :

 

« Chers Parents,

 

En attendant de vos nouvelles, je vous envoie un spécimen de ma binette, c’est peut-être fait sans beaucoup de goût, mais l’importance est qu’elle a été prise à 3 kil (Km)  des boches. La chambre dans laquelle nous sommes posés a été détruite 3 jours après par une marmite, mais nous n’étions plus dedans. Ma santé est assez bonne, je pense que la vôtre en est de même. Un bon baiser… »

 

Et puis c’est tout. C’est tout parce qu’une marmite éclatera quelques jours plus tard, parce qu’une marmite ne sait pas, ne pense pas : elle va où le destin l’envoie.

Et ce jour là, 19 avril 1917, c’était à Hurtebise*.

 

Il s’appelait René Bichet.     

 

*Le nombre d’obus tombés sur le secteur de Hurtebise a été estimé entre 30 et 50 millions.

 Le journaliste et écrivain Roland Dorgelès, engagé dans l'infanterie en ce lieu, écrira : 

 « … ils sont là, trois cent mille, Allemands et Français, leurs bataillons mêlés dans une suprême étreinte qu’on ne dénouera plus, trois cent mille sur qui des mamans s’étaient penchées quand ils étaient petits, trois cent mille dont de jeunes mains caressèrent le visage.
Trois cent mille morts, cela fait combien de larmes ? »

                                                                                   

November 07

Petite virée dans le Jura

Image hébergée par servimg.com

Le Lac Saint Point nous offre des couleurs peu communes, mystérieuses. Savez-vous qu'au fond de ce lac, il y  avait autrefois, un village, qu'on appelait Damvauthier ? !!!!!!!! La nuit de Noel, ou celle de la Toussaint, ses cloches englouties sonnent encore et encore...

 Je vous raconterai pourquoi cela, mais ce sera un autre jour....
 
 
 Lundi 27 octobre 2008

 

Ce matin là, je regarde la météo... Celle-ci n'est pas très optimiste, mais pas catastrophique pour les trois jours qui suivent... Illico presto, je réveille Candice, et lui dit : "dans un heure on part"..

J'appelle pour réserver une chambre d'hotes

J'appelle mon boulot, pour signaler que je récupère quelques heures…

 J’appelle mon pôpa.... 

 

 

Dans une  petite valise, quelques affaires prennent rapidement place, et peu de temps après, je suis au volant de ma voiture, en direction du Jura.

Après cinq kilomètres, je me rends compte qu'il me manque un médicament... demi-tour...

Nouveau départ... comme je suis sortie de mon auto et qu’il pleut,  mes lunettes sont recouvertes de gouttelettes d'eau. Je m'empresse de les essuyer.. clac...  ma monture se casse en deux...

 

Au fond de moi, je me dis qu'on dirait que tout se ligue pour que l'on ne parte pas.

 .....

La conduite est pénible, surtout dans les tunnels, ou la lumière des phares et des feux arrière fusent...

 

Dans ma précipitation, je n'ai pas pris de cartes routières... Pas grave, j'ai un Gps...

Mais voilà, celui-ci n'en fait qu'a sa tête lorsque des travaux ferment la route qui doit nous mener à Baume les Messieurs.

Systématiquement, il nous fait faire demi-tour, si bien qu’on lui ferme le bec, en l'éteignant... et tentons de trouver un passage ailleurs. Aucun panneau pour nous indiquer une autre route... les kilomètres défilent... je fais donc demi tour, et essaie de trouver une petite brêche... Rien...On finit par découvrir un panneau indiquant Bélvédère de Baume..

D’un petit chemin sinueux, on aperçoit le village au fond de la reculée.… Mais comment nous y rendre. Un à pic de 200 mètres nous en sépare… Je remets le gps…

Alors que je longe la falaise : « prenez à droite…m’ordonne la voix ! "A droite ? mais ce sont les abysses ! Vais pas plonger dans le vide pour prendre à droite ! Non, mais, l’est malade, le « Bonhomme »…

J’aperçois une maison , dont une fenêtre est ouverte… j’appelle. Une brave femme apparaît à qui j’explique ma mésaventure…

- Suivez ce chemin, avec prudence, penser à klaxonner quand vous n’avez pas de visibilité, on ne croise pas à deux… 

 

…. Et pis on a fini par y arriver à ce village… notre chambre d’hotes, facile à trouver, se trouve en  face de l’église….

  

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Rien, dans ce village, qui puisse nous faire penser  que nous sommes au XXIème siècle...

Le temps s'est  comme arrêté... en l'an mille et même avant.... la pluie tombe, il n'y a pas âme qui vive...

 

Mais, pas le temps de s’extasier devant les falaises abruptes qui nous entourent…Nous faut trouver un opticien avant la nuit… La ville la plus proche : Lons le Saunier.. Où, nous finissons par dégôter un magasin  ouvert (on est lundi !)… et par chance… , le "lunettier" me propose de retailler mes verres et de me les mettre sur une nouvelle monture…Une heure après, j’y vois enfin claire, la nuit est tombée, nous rentrons dans notre village fantôme…

Nous prenons place dans notre chambre… humide et froide…16° …on demande une couverture de plus, et nous nous habillons pour nous mettre au lit….Aucun chauffage d’appoint… J’ai dormi avec mes chaussettes… Mais cette ancienne maison ,si bien restaurée par une femme vivant seule, est plaisante… tout, ne peut être parfait…

Mais, le pain rassis du petit déjeuner du lendemain matin... me faire dire que l’on paie un peu chère pour le service donné…. La veille au soir, j’avais remarqué une chambre d’hotes à l’intérieur de l’abbaye (25 € de moins  que la précédente), je règle, et nous faisons donc nos valises… 

 

 

 

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Fait si froid, que la douche, derrière le paravent, n'est pas tentante..fait 16°

 

 

Après un petit déjeuner frugale, les bagages prennent place dans le coffre de "totoayanne",  et nous partons non loin de là, à la découverte du village médiéval de Château-Chalon.... Les côteaux entourant l'éperon rocheux, sont couleurs or-mouillé, les nuages alourdis par la bruine, s'accrochent aux paroies rocheuses, et nous enveloppent de micro-goutelettes glacées....

Arrivées au sommet, nous découvrons un spectacle qui aurait pu être grandiose, si la pluie et le brouillard n'étaient venus partager notre "joie".... courant pour nous réchauffer, nous faisons une petite halte à l'office du tourisme, histoire de trouver une douce chaleur.... Mais ne chaleur, il n'y a , et nous finissons par sortir des lieux totalement transies de froid.... 

Qu'importe tout cela.... ravigotées par le chauffage de la voiture, , nous partons sur les traces de Lacuzon.... en direction de Doucier.

 

 

   

 

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                                             L'éventail, la première des cascades du Hérisson... d'une hauteur de 65 mètres,  nous arrache des Woaaaahhhhh.

Il pleut toujours... le chemin menant à la seconde cascade étant fermé pour cause d'éboulis, nous faisons demi-tour... seules au monde... dans ce paysage grandiose.

 

La suite de notre petit périple peut être vue sur l'album de photo... (suis crevée ce soir)

Retour en passant par le Lac Saint-Point, paré d'un voile de neige ,cloture notre petite balade de trois jours...

 

 

 

August 25

les débuts

Image hébergée par servimg.com

 

 

 

 

       J’ai grandi dans un pays que je qualifierais de paradis.  Un paradis de couleurs, de douceurs, et de petits bonheurs… Celui de mon enfance. A dix ans ce bonheur m’échappait, j’abandonnais ma terre… où plutôt je la laissais, pour aller vivre ailleurs, dans une contrée lointaine, dénuée de toute beauté. Pas un jour je n’ai oublié son écrin de verdure, sa nature généreuse, sa rivière bordant les maisons, cour d’eau silencieux, presque endormi, qu’on l’aurait presque cru  mort. Il avait ainsi donné son nom à la petite ville qui s’était établie là au fil des siècles :  Morteau. ( pour Eau Morte)

 

 

 

      Du côté paternel, notre famille est établie dans la combe de ce val, limitrophe du canton suisse de Neuchâtel depuis le quinzième siècle. Elle a pour ancêtre un certain Chopart, qui vint s’installer en 1451 sur un territoire, dénommé autrefois les Quatre Villes, composé comme son nom l’indique  de quatre hameaux : Rossigniers, les Cordiers, Morestan, Bois du Fourg et Cornabey, village situé à 4 ou 5 km de Morteau.

 

Témoin dans une enquête,  alors qu’il était  âgé de 45 ans, ce Chopard précisera qu’il est originaire des Brenets (Suisse), et que c’est à l’âge de huit ans, qu’il est arrivé à Grand Combe, où plus tard il s’est marié…

La généalogie nous permet de suivre sa descendance. Plus tard, un prénom : Simon restera accolé au nom le transformant ainsi en Simon-Chopard…

 

Guillaume, balthazar, Pierre, et Claude, Etienne et Claude-François continueront cette descendance … puis arrivera Marie Joseph en 1810, la maman de Félicie, elle-même, grand-mère de mon père qui donnera naissance à Gaston mon Grand-père.

 

La plupart d'entre eux, cultivateurs, tentaient de survivre sur ces terres arides et froides, n’étant à l’abri ni des années pourries,  ni des luttes religieuses,  des invasions, de la famine ou de la peste…

 

Mon grand-père, Gaston, je ne l’ai pas connu. Il est décédé trois ans avant ma naissance, à l’âge de 77 ans. 

Sur des photos, découvertes plus tard, j’ai trouvé le personnage plutôt sympathique, assez sur de lui, bien campé sur ses jambes, paraissant être un solide gaillard, mais j’apprendrai plus tard que celui-ci était plutôt chétif et de faible constitution.

Une large moustache tombante ou parfois relevée lui barrait le visage, lui donnant selon l’humeur un air triste ou amusé,  selon le style des années 1900, une moustache surveillée par de beaux yeux noires, taillés en amande.

      C’était un intellectuel qui avait dû arrêter ses études très tôt, malgré l’insistance de l’instituteur auprès de son père, cordonnier de métier. Son  certificat d’étude en poche,  Gaston partit donc garder un troupeau de vaches pour un paysan du village.

C’est  en 1890,  que lui est arrivé une mésaventure bien regrettable qui fut, bien heureusement sans gravité. C’était l’année de la grande sécheresse, l’herbe devenue rare, les bêtes ne cessaient d’aller et venir à la recherche d’un peu de verdure qu’elles ne trouvaient pas. La mairie ayant donné l’autorisation d’amener pâturer les bêtes dans les sous-bois. Gaston y amena son troupeau et s’installa  sur un monticule qui s’avéra être une fourmilière. Piqué de toutes parts, hors de lui, il alluma une allumette et mit le feu à l’objet de son supplice, lequel feu se propagea rapidement  à toute la forêt. Du village, les habitants apercevant l’incendie, se  précipitèrent  sur le lieu du sinistre et munis de branches bien touffues, frappèrent de toutes parts, tentant difficilement d’étouffer le feu, aidés des pompiers volontaires venus à la rescousse avec leur pompe à bras tirée par des chevaux.

Quand enfin l’incendie fut circonscrit, Gaston nia les faits, honteux et consterné par la gravité de son geste. Heureusement il n’y n’eut pas à déplorer de pertes chez les hommes, ni chez les bêtes.

 

 

Le travail du bois permettait  aux Beugnons de sortir de la  crise agricoles qui sévissait au 19ème siècle, les scieries étaient en plein essor et c’est dans l’une d’elle, située au dessus de La Fin que Gaston apprit le travail du bois.

Sa tâche consistait  à débiter des planches et c’est lors de cette manœuvre que son pied fut broyé par le taquet qui faisait avancer la scie.

Conduit à l’hôpital, il fut amputé du gros orteil jusqu’à la première phalange.

Par la suite, l’abbé Coudry, venu lui rendre visite, demanda à voir sa plaie et découvrit avec horreur que la gangrène commençait à lui manger le haut de l’orteil. Quelques jours plus tard, le chirurgien recoupait et déniait jusqu’à la dernière phalange.

Félicie sa mère, pria longuement la  Vierge Marie et  promit, que si son fils guérissait, ils iraient tous deux à Einseilden (Suisse allemande), en pèlerinage.

En effet, la Vierge noire d’Einsiedeln avait dans les montagnes du Doubs, une influence extraordinaire. De nombreuses chapelles du Haut-Doubs en possèdent encore une réplique. Des générations entières de pèlerins  marcheront en direction de son abbaye.

 

Après cette terrible épreuve, mon grand-père fut réformé et ne participa pas à la grande guerre de 14-18.

 

Par crainte d’un nouvel incident, Gaston ne repris pas le travail à la scierie. Il se présenta à la chocolaterie Klaus de Morteau pour y être embauché, mais la pression de son ancien employeur fut assez forte pour que sa candidature soit refusée.

L’hiver approchait et Gaston était sans travail. Les maigres revenus de la famille étaient constitués uniquement des quelques travaux de couture que Félicie, sa mère accomplissait.

François, l’époux et le père les avait quittés au début du printemps  de cette année 1900, un accident stupide, une chute  dans les escaliers, un soir où l’absinthe avait fait une victime de plus. Saleté de boisson, qui moins chère que le vin était consommée à outrance. Son grand défaut, c’est qu’elle titrait à plus de 70° et que la vie difficile de l’époque entretenait cet alcoolisme ambiant, et ce n’était pas le slogan « Pernod Fils perd nos fils » qui allait repousser cette  charmeuse qu’était la fée verte.

 Alors Gaston prit son fusil « gras », un modèle de 1874, transformé en calibre 20, pour tirer des cartouches à plombs avec de la poudre noire. Et c’est ainsi qu’il a braconné tout l’hiver, bien évidemment sans permis de chasse, au nez et à la barbe du garde forestier qui le talonnait parfois de loin. Toujours sur le qui-vive, Gaston, l’apercevant,  cachait son arme sous sa grande pèlerine  et  s’éloignait rapidement, afin de  ne pas éveiller ses soupçons.

Et c’est ainsi qu’ils ont vécu tout l’hiver. Félicie, complice par nécessité, allait vendre grives, merles et écureuils, plus rarement un lièvre à l’hôtel Nappey de Morteau. Bien entendu, la police fermait les yeux sur les produits de la chasse servis au restaurant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  C’est en 1910, que Gaston âgé de 35 ans se décida enfin à faire la cour à ma grand-mère : Adèle, 22 ans, cuisinière chez les B....t de Rossignier, des bourgeois qui avaient du bien et qui ne mangeaient pas n’importe quoi !

Elle leur faisait parfois un velouté de pot au feu au tapioca auquel elle ajoutait un œuf et un peu de crème fraîche. Une petite merveille qu’elle nous a souvent refaite,  et dont la saveur n’a jamais été oubliée.

 

Pourtant, la vie ne l’avait pas épargnée.  En 1894,  à peine âgée de 6 ans, qu’elle était gagée comme bergère chez le Mimile L.......t… ! 

Il en était ainsi pour toutes les familles, qui peu fortunées, ne pouvant nourrir toutes les bouches, et n’avaient d’autre solution que de placer leurs enfants dès leur plus jeune âge.

Les petites filles comme les petits garçons étaient embauchés chez les paysans, nourris, logés,  et couchaient souvent sur un mauvais lit, dans un réduit obscur et humide. Il leur fallait garder les bêtes de la première herbe à la dernière.

 

En contrepartie, une bien maigre rétribution leur était allouée.

Ces enfants bénéficiaient d’une autorisation d’absences pour la saison des foins ainsi que pour le mois d’octobre, n’allant ainsi en classe que les quelques mois d’hiver. Le certificat d’études se passait alors à l’âge de 12 ans. (Plus tard l’école fut obligatoire jusqu’à 14 ans.)

 

Adèle n’a jamais oublié le jour où Emilie, sa mère l’avait mené là haut, sur la Montagne de Gilley avec juste quelques effets personnels rassemblés dans un grand mouchoir. Ce qui aurait pu être une promenade, s’était transformé en mauvais rêve, lorsqu’elle avait  appris que dorénavant, elle serait  séparée des siens.

« C’est une grande ferme, répétait sa mère, et tu n’auras plus jamais faim ! »

Oui, en effet, elle avait bien à manger, mais le vieux lard rance et trop fumé, devenu indigeste, lui donnait le « brûle-cou » tous les après-midi.

Adèle n’a pas oublié non plus, ces longues journées seule avec son troupeau,  courant sans cesse après les bêtes afin qu’elles restent sur la propriété, et n’atterrissent dans un champs de trèfle où elles auraient pu gonfler,   et cela tout en tricotant des chaussettes.

 (Les champs n’étaient pas clôtures à cette époque)

 

 Après la traite du soir, sa journée est loin d’être finie, il y avait encore les corvées : celle de rentrer le petit bois, s’occuper des veaux, éplucher les légumes  et s’entendre dire :

« Tu vois ce que tu me coûtes en nourriture ! »

 

Alors, quand arrivait le soir, la petite pleurait  bien souvent en pensant à la douceur de ses premières années. Ses parents, ses frères et sœurs lui manquaient tellement…

 

Vint le jour où elle abandonna ses bêtes aux champs et rentra joyeusement à la maison ; ce ne fut pas difficile il n’y a qu’à descendre la route, le bourg était juste en dessous.

Mais la pauvre enfant qui se réjouissait tant de revoir les siens, sera accueillie par une bonne volée, et  reconduite  chez l’abominable Mimile.

Après cela, plus jamais elle n’aura plus envie de « repistoler ». (Repartir) 

 

 

 

 

Parfois, la monotonie des jours était entrecoupée par de petits faits divers : Ce fut le cas, le jour où le Mimile rossa sa femme… Mais qu’avait-t-elle bien pu faire ? Rien de moins que de tuer un lapin… l’avoir cuisiné, et entièrement avalé, seule en cachette de son mari et des serviteurs.

Malheureusement pour elle, le Mimile l’ayant surpris à tuer le lapin trois jours auparavant, le chercha partout dans les marmites… Rien !  

Fou de rage, il s’empara d’un bâton pour corriger la fautive. Une course poursuite s’ensuivit, la femme hurlant et courant devant son homme furieux… la scène se passant devant les yeux ébahis et rieurs des domestiques. Furieux, l’affamé  s’empara d’un panier rempli d’œufs et fit signe à son personnel de le suivre. La petite troupe s’en alla à la ferme voisine où la fermière les régala d’une  grosse omelette, et cette petite fête improvisée  se termina fort tard… Tous riaient en se remémorant  la course poursuite du Mimile derrière son épouse… 

Il y avait bien longtemps que la jeune Adèle ne s’était tant amusé, et avait aussi bien mangé !

 

*

 

 

J’en reviens à Gaston. Sa cour se limitait principalement en de longues lettres, où sa plume  transmettait, par de jolis pleins et  déliés, ses beaux sentiments.

La pauvrette,  bien incapable de lui répondre aussi joliment, se faisait aidé par sa jeune sœur Germaine, qui avait l’art de transcrire ses pensées….

 

 26 juin 1911 - …ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants… enfin quatre en tout, Léon, Marie, Michel et Hubert, mon père, le petit dernier qui vint au monde au mois de juillet de l’année 1924, au moment des fenaisons.

 

Le temps des foins battait son plein. Remise de ses couches, Adèle partit aux champs et plaça précautionneusement son bébé dans sa nacelle à l’ombre des arbres avant de s’en aller retourner les andains.

A peine avait elle fait quelques pas, que le couffin bascula, et tel un ballon, s’en alla dévaler la pente….et c’est sous des yeux horrifiés qu’Adèle vit son bébé bien emmailloté s’en extraire pour rouler, rouler… ! Ses premières roulades, assurément, mais heureusement sans gravité !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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                                                         Adèle et Gaston - année 1911 .- Cette photo aurait été faite quelque temps après le mariage.

En effet, en l'absence de photographe au village et dans les environs, les jeunes mariés se seraient rendus au Locle, pour garder un souvenir de ce fameux jour.

D'où, peut-être, leurs airs très sérieux ?

 

                          

 
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Un petit mot de soutien pour toi ma Jodinette, dont les lendemains déchantent ! On est toutes patraques, à ce que je constate. Remets-toi bien vite. Je t'embrasse forforfort et toudoux. Je t'aime
Dec. 27
Francinewrote:

Je passe par hasard....je voyage très peu,et j'ai donc  profité de tes magnifiques photos et des belles histoires de ton blog pour y remédier
Un vrai bonheur merci de ces bons moments que tu m'as fait vivre
Amitiés Francine
Nov. 13
dianewrote:
Bonjour Jindra
                       En visitant le blog de Babet, j'ai vu que tu avais aussi ton blog, une belle visite très enrichissante, un beau récit de ton voyage que tu racontes avec brio,j'ai bien aimé aussi l'histoire de ta famille, quelle naratrice tu fais
À bientôt
Diane
Nov. 11